Liz Schick

Organisatrice des camps de ski TACKERS, transplantée du foie

Liz Schick

Liz Schick

Elle explique ici, avec ses mots à elle, comment elle a vécu cette transplantation qui lui a sauvé la vie et comment elle utilise aujourd’hui cette expérience pour aider les enfants à repartir dans la vie après avoir subi une greffe d’organe.

«Faire face à la mort vous donne une incroyable sensation de liberté, note Liz. Dès lors, vous profitez du moindre moment de vie et cet état d’esprit ne faiblit pas. »

Il y a sept ans, les choses n’étaient toutefois pas si radieuses. Liz, sportive accomplie et mère de Zoé (13 ans) et James (16), apprend alors que son foie est gravement malade. Sa vie bascule :

« La veille, je courrais 8 kilomètres à Hyde Park, le lendemain, un passage au scanner révélait que mes jours étaient comptés. »

La maladie rare dont souffre Liz fait l’objet d’un premier diagnostic erroné, mais après de nouveaux examens, elle apprend qu’il lui faut subir une transplantation urgente du foie.

« C’est comme si l’on avait éteint soudainement toutes les lumières. Personne ne pouvait comprendre ce brusque changement, ma vivacité et mon énergie d’un jour, la terrible nouvelle du lendemain. Zoé ne cessait de demander à ma mère si j’allais mourir…

Mais mes enfants n’ont pas cessé d’attiser ma volonté de vivre. Tout contre eux, je me sentais à l’abri de tout. Je ne pouvais imaginer que quelqu’un d’autre les élève ou bien de ne pas être là pour eux. Les enfants sont vraiment les meilleurs ambassadeurs de la vie.

J’ai eu et continue à avoir de la chance : l’opération s’est très bien passée et je suis un exemple de survie à long terme après une greffe. Ce succès m’a amené à vouloir faire tout ce qui était en mon pouvoir pour que les enfants transplantés bénéficient d’une vie active et d’un vrai futur. C’est le but que je me suis fixé au lendemain de mon opération. »

Ce but a trouvé une concrétisation dans TACKERS, des camps d’aventure gratuits pour les enfants transplantés que Liz a construits à partir de rien. Pour nombre de ces enfants, les camps sont les premières occasions de courir, de jouer, de s’amuser comme des enfants « normaux ». Ils arrivent également à s’échapper des mains parfois trop protectrices de leurs parents et en oublient leur lutte pour une bonne santé à long terme.

« Je croyais en effet qu’une fois transplanté, on était guéri. Mais j’ai dû me rendre à l’évidence : ce n’est que le début d’une vie de combat et de doses quotidiennes d’un cocktail de médicaments pour que l’organe greffé reste en bonne santé, souligne Liz. Pour les enfants, la bataille est d’autant plus rude, car avec le manque d’organes à leur disposition, la survie de leur greffon revêt une importance primordiale. Et il leur reste par ailleurs un longue vie à mener le mieux possible… »

Liz entend également montrer à ces enfants et à tous ceux qui sont sur les listes d’attente qu’il y a une vie après la transplantation. « Nous autres transplantés avons aussi nos rêves et pouvons accomplir beaucoup de choses. Je me suis par exemple lancée dans l’ascension du Kilimandjaro sponsorisée par Roche. A un certain point, je me suis sentie malade et j’ai eu l’impression que mon corps me lâchait. Mais en atteignant le sommet, à 5895 mètres d’altitude, nous nous sommes réconciliés. A TACKERS, j’encourage les enfants à avoir des rêves et à les réaliser. Tout le monde a droit à ses rêves et j’en ai aussi. A part le Kilimandjaro, TACKERS en était un des plus importants. TACKERS a une véritable existence aujourd’hui… »

Les choses ne se font toutefois pas aussi simplement. Liz gère un commerce tout en s’occupant de sa famille. Dans le même temps, elle démarche les grandes sociétés comme Roche pour trouver des fonds pour TACKERS. Elle reste également en contact avec de nombreux enfants et leur famille qui ont participé aux camps, offrant conseil et écoute.

« Si je considère ces dernières années, je peux vraiment dire que personne ne peut savoir ce que la vie va lui réserver. Mais très sérieusement, je n’ai aucun regret d’avoir été malade. Ça m’a tellement appris. Et je crois en notre capacité à transformer un handicap en un avantage. La vie est pour les vivants. Il faut la saisir à pleines mains et ne pas la subir.

Quand les gens me demandent si je sais qui était mon donneur, je leur dis que c’est mon meilleur ami. Nous ne nous sommes jamais rencontrés, mais nous avons escaladé le Kilimandjaro ensemble. J’ai une dette envers lui, mais je pense qu’il serait fier de ce que nous faisons ensemble. Je sais que c’était un jeune homme, c’est tout ce que je sais de lui.

Aujourd’hui, mon plus grand bonheur, c’est de voir les changements s’opérer chez les enfants qui participent aux camps TACKERS. Après une petite semaine. Ils repartent transformés, pleins de confiance. »

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